Sibiti: Unies contre les discriminations

Publié: juin 18, 2015 dans Non classé

(CRP/Syfia) Dans le département de la Lékoumou, autochtones et Bantoues travaillent ensemble, grâce à des groupements. Dans des champs et des ateliers de couture.

Travailler ensemble dans les groupements agropastoraux pour briser la discrimination. Telle est la résolution prise à Sibiti (département de la Lékoumou, à environ 350 km de Brazzaville), par des femmes autochtones et bantoues. « J’ai attiré les autochtones en leur montrant l’intérêt de travailler dans le groupement. Aujourd’hui, nous nous entendons très bien. Elles sont devenues nos sœurs. Le sang  qui circule dans nos corps est le même !« , se réjouit Catherine Tsiahou, présidente de Sala Bisala (Tout va rester, inutile de se vanter des biens qu’on possède ici-bas). Ce groupement compte à présent quatre autochtones et vingt bantoues. Toutes travaillent d’un même élan dans les champs de maniocs, bananes et arachides.

Brigitte Mabiala, présidente de l’association Femmes sûres  de Sibiti, note une évolution importante : « Avant, nous repoussions ces femmes. Nous les faisions travailler dans les champs sans les payer. Nous les traitions comme des esclaves. » Aujourd’hui, les sensibilisations sur les droits des peuples autochtones commencent à porter leurs fruits. « Nous nous sentons à l’aise dans notre groupement et avec la présidente il n’y a pas de discrimination« , confirme Brigitte Mampila. Cette autochtone membre de Sala Bisala poursuit : « Une fois la récolte terminée, nous donnons toute la production à la présidente. Après la vente, cette dernière apporte à toutes les membres, selon leur demande, des pagnes ou de l’argent »

Martine Kilonda, une autre autochtone de Sala Bisala, ajoute : « L’argent et les pagnes déjà reçus sont les fruits de mes efforts dans le groupement où nous recevons équitablement nos parts. » Une équité recommandée dans la loi de 2011 qui stipule notamment : « Les populations autochtones, groupes et individus sont libres et égaux en droits et en dignité comme tous les autres citoyens de la nation. »

Ateliers, administrations, églises

Dans Femmes sûres de Sibiti, autochtones et Bantoues apprennent ensemble la couture. Pour intéresser davantage les jeunes autochtones à venir à l’atelier, explique Brigitte Mabiala, « nous sommes allées vers elles pour les convaincre d’apprendre un métier. Pour les encourager à continuer à suivre les formations, nous leur donnons parfois 500 Fcfa (0,75 €) par jour.  Sans cela, elles abandonneraient. »

Marie Florence Minengue, directrice départementale de la Promotion de la femme de la Lékoumou, apprécie ces initiatives : « Il faut amener les femmes autochtones vers les femmes bantoues pour qu’elles n’aient plus honte. Dans l’administration aussi, on constate cette même symbiose. Par exemple, quand nous sommes devant Nelly Mouloumou, une infirmière autochtone travaillant au centre médical de Mayéyé (à 60 km de Sibiti, Ndlr), nous la considérons comme une Bantoue. »

Une bonne entente encouragée aussi par les religions locales. « A l’église protestante de Sibiti, nous nous asseyons aux mêmes places et nous mangeons dans les mêmes assiettes« , fait remarquer, une fidèle, Monique Ngouamouele.            

                                                                                                                                                                 Victor Bivihou 

Article réalisé avec l’aide financière de l’Union européenne. Le contenu de cet article relève de la seule responsabilité du CRP et de Syfia international et ne peut en aucun cas être considéré comme reflétant la position de l’Union européenne.

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