Pool : Crise ou pas crise, qui dit la vérité et qui paie le lourd tribut?

Publié: juillet 17, 2017 dans Non classé

Crise ou pas crise, tu dénonces, je défends…tel est le « jeu » auquel le gouvernement congolais se livre avec les organisations de défense des droits de l’homme et des médias nationaux et étrangers pour dénoncer et justifier ce qui se passe actuellement dans le département du Pool au grand dam de la population de cette partie du Congo.

Une crise au Pool, née après la réélection très contestée du Président de la République Denis Sassou Nguesso en mars 2016 dernier. Après cette élection et les premiers soubresauts de violence dans le département du Pool, le Président de la République  lors de sa première interview exclusive sur l’antenne de France 24, jeudi 12 Mai 2017 déclarait catégoriquement «Il n’y pas de crise dans le Pool», pendant que les ONGs de défense des droits de l’Homme, des journalistes locaux et étrangers rapportent des graves violations des droits humains dans cette partie du pays ainsi que les dégâts qu’enregistre ce département à tous les niveaux, prouvant l’existence d’une crise réelle. Ce qui se traduit aujourd’hui par la paralysie du trafic de Chemin de Fer (CFCO), des combats, pillages, pas d’école, ralentissement des activités économiques et de l’administration, arrestations et détentions arbitraires, meurtres et tortures, viols, disparitions forcées, destruction des infrastructures de toute nature, les déplacements des populations dans des départements limitrophes ou zones « sensées sécurisées » pour fuir les affres.  Un rapport des Nations Unies note environ 81.000 déplacés forcés. Tel est le lot de misères que vivent au quotidien les populations du Pool,

Ces déplacés manquent de tout. Récemment, le Programme alimentaire mondial (PAM), l’UNICEF en partenariat avec le Gouvernement par le truchement du ministère de la Santé Publique et le ministère des Affaires sociales se sont penchés sur la situation nutritionnelle dans le Pool et ont conjointement publié le 23 juin dernier un rapport reconnaissant que «les déplacés manquent de tout et en particulier de nourriture». Ce rapport qui ressemble à un coup de poignard sur le dos du Pouvoir, légitime le travail des ONGs de défense des droits humains et des journalistes et discrédite peut-être la position des négationnistes.

Selon ce rapport, en moyenne, 17% des enfants sur lesquels a porté cette enquête souffrent de malnutrition aigüe. Un chiffre inquiétant et au-delà du seuil d’urgence de l’OMS, fixé à 15%.

La situation est globalement plus grave dans la Bouenza, l’enclavement des localités d’accueil des populations du Pool aidant, ces populations n’ont parfois bénéficié à ce jour d’aucune aide alimentaire. Dans ce département, 58% des ménages déplacés sont en insécurité alimentaire ainsi que 32% des familles hôtes qui ne sont bien sûr pas épargnées.

Le rapport avance plusieurs explications à cette situation préoccupante. L’insécurité d’abord qui empêche de nombreux déplacés d’accéder à leurs champs, d’où une réduction drastique des aires cultivées dans ces zones. Moins 700 hectares entre 2016 et 2017, soit une réduction de 40%. Il y a aussi l’arrêt du trafic ferroviaire qui complique l’approvisionnement, ainsi que le contexte d’inflation général dans le pays avec des prix très volatils. Le prix du kilo de Foufou a par exemple augmenté de 85% au marché de Mindouli entre novembre 2016 et mai 2017. Actuellement, faute d’argent, ces populations ne reçoivent quasiment aucune aide d’urgence.

On peut affirmer sans hésiter que le Gouvernement, coproducteur de ce rapport, reconnait explicitement l’existence d’une crise réelle qui s’enlise dans le Pool, car avant avril 2016, la tranquillité régnait dans cette partie du pays. Le cauchemar commence avec la publication des résultats définitifs de l’élection présidentielle très contestée.

Sauf à opter pour un déni de la réalité, synonyme du sadisme, le département du Pool revit encore des nouvelles pages très sombres de son histoire. Toutes les informations crédibles disponibles jusque-là est à notre perception que la partie visible du paquebot.

Dans cette « crise du Pool», depuis une année, que le gouvernement avait opté pour l’option militaire à la résolution de celle-ci, la souffrance de la population ne se fait qu’aggraver. Ici, il n’est plus question ni le temps de rechercher les causes ni de s’interroger sur les ressources des « rebelles », mais de mettre immédiatement fin à cette folie meurtrière et suicidaire.

A ce jour, les souffrances qu’endure la population des zones touchées sont estimées à 95%, ce qui n’a rien d’égal  comparativement à 5% de souffrance qu’endureraient les « rebelles » qui sont traqués.

Trésor Nzila KENDET

 

 

 

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