La REDD+, le genre a plus à gagner

S’il y a des processus qui prennent en compte le volet genre au Congo, la REDD+ en est parmi. Deux actrices de la société civile interrogées à ce sujet, reconnaissent l’implication du genre dans ce processus. 

Le projet femme énergie ‘’en veilleuse’’ avec une approche fabrication des foyers améliorés et au même moment, la valorisation des  déchets de la biomasse ou de moringa est un moyen de lutter contre la déforestation, la dégradation des forêts parce qu’on déboise aujourd’hui à cause du bois de chauffe ou du charbon. Cela est un élément révélateur  de l’appropriation de la REDD+ par le genre au Congo. «Le volet genre est très actif sur le terrain avec ce type des produits agricoles. 60% de cette population travaille sur le terrain. Elle fait beaucoup de choses malheureusement, elle n’a pas l’appui nécessaire pour bien le faire. Il est urgent de le sensibiliser aujourd’hui. Je crois que cela se fait parce que la plupart des réunions qu’on a tenu, le genre était représenté », a expliqué Mme Marguerite Homb, présidente de Training et en même temps tout ce qui concerne la santé, la promotion des plantes médicinales et des plantes aromatiques puis les produits forestiers non ligneux au Congo dont elle a introduit le volet genre. Elle poursuit «nous mêmes nous sommes là pour alerter les femmes parce que nous les accompagnons et je crois que cela se fait. Je souhaiterais que ça soit un peu plus que ça. C’est le démarrage avec la stratégie REDD+, nous y sommes.»

L’implication du genre dans la REDD+ n’est plus à démontrer. Mme Angélique Ntinou, membre du comité de pilotage de CACO REDD ayant participé aux missions de structuration de cette structure dans l’hinterland reconnaît bel et bien l’implication du genre dans la REDD + au Congo. Pour elle, de  façon traditionnelle, les hommes et les femmes ont fait la REDD+ sans le savoir et cela de façon complémentaire dans nos villages.

‘’Comprendre les techniques d’agroforesterie’’

Selon Mme Marguerite Homb, quand le genre se lance dans la production vivrière, il y a souvent des problèmes d’environnement parce qu’il y a des érosions, des soleils accablants, de pluies abondantes, mais on sait aujourd’hui que si on peut aider cette catégorie socio professionnelle à utiliser des techniques d’agroforesterie pour lui permettre de se stabiliser dans leurs activités agricoles c’est vraiment bénéfique pour elle.

Bien que le genre soit représenté à la CN REDD et au CACO REDD, mais cette représentation est faible. Mme Marguerite Homb estime en revanche que c’est la femme qui produit plus surtout en milieu rural, donc elle doit être un peu mieux représentée que ça. La Commission nationale REDD doit un peu mieux faire que ça. Mobiliser et responsabiliser peut être des structures féminines pour aller un peu plus loin. Mne Angélique Ntinou, membre du comité de pilotage de CACO REDD+, quant à elle, la femme est sous représentée à CACO REDD parce qu’elle n’a pas suffisamment des connaissances et parfois, elle n’a pas d’information. C’est ce qui a fait qu’au départ beaucoup de femmes ne puissent pas être impliquées dans cette structure. Mais, des efforts restent à faire pour qu’à l’avenir la femme soit assez représentée …

A ce jour, il y a un engouement du genre dans ce processus. Mme Marguerite Homb avance «la motivation est que c’est toujours de comprendre que si la REDD+ peut aider des femmes à mieux comprendre les techniques d’agroforesterie permettant de se stabiliser pendant 50 ans là où on est, et si on leur dit de cultiver tout autour de leurs champs, l’acacia ou du moringa et que les racines de moringa fertilisent le sol et en même temps, les feuilles et les gousses rendent certains compostes bio, mais c’est géniale.»

« Il nous faut des modèles d’activités des femmes »  

D’après Mme Hom, le genre à beaucoup à gagner dans la REDD+ parce qu’elle la concerne directement. On a parlé de son activité dans le secteur agricole, de sa productivité, de sa rentabilité… effectivement, cela va de soi avec l’environnement. « Et si on lui explique la REDD+, cela va l’aider à réduire des longues distances et faire qu’elle gagne en productivité. C’est très intéressant et en même temps, l’environnement est préservé pour tout le monde, pour elle-même et pour les générations futures », a martelé Mme Homb.

Selon elle, il nous faut des modèles d’activités des femmes qui ont réussi que la REDD doit absolument financer pour dire aux autres voilà ce qu’on a réussi à faire. Si les femmes rurales pensent à l’accompagnement parce aujourd’hui pour faire entrepreneuriat, il faut être accompagné. On fait des partenariats et elle-même devient par la suite celle qui va montrer aux autres filles comment ça se passe et ça réduira même l’exode rural des filles. « Elles n’auront plus peur du désert, de réchauffement climatique. Les mamans continueront à nourrir le Congolais et que les jeunes filles pensent y aller parce qu’elles disent là si je m’y lance, c’est très bien. Je vais gagner un revenu », a conclu Mme Homb.

Jean Thibaut Ngoyi

 

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