Plateaux – Cuvette: Ouest Des femmes dénoncent la polygamie

(CRP/Syfia) Dans les départements des Plateaux et de la Cuvette-Ouest, des femmes refusent la polygamie. D’autres y voient des avantages.

« Je ne pourrais pas partager mon mari avec une rivale. Je préfèrerais partir pour qu’elle me remplace… Avoir des moyens n’est pas synonyme d’avoir beaucoup de femmes ! », martèle Colette Otankon, 54 ans, présidente de l’association les Compagnons du devoir et de l’action (Codac) et mariée avec son mari sous le régime monogamique.

La polygamie a beau être encore assez présente dans son département des Plateaux, Colette n’accepterait pas de partager son mari avec une autre femme : « Avec un seul cœur, on ne peut pas aimer deux personnes ! Une femme sera négligée et l’autre vivra dans de bonnes conditions. C’est notre réalité, surtout avec la chute du prix du baril de pétrole…»

Toujours dans les Plateaux, Ozias Cornelie Mfourga, la trentaine, monogame et membre de la Coopérative Mères et filles de Kialé, est du même avis : « Au début, quand il y a une seule épouse, la transparence règne dans la maison. Par contre, quand le mari en prend une deuxième, c’est le début des problèmes ! » Ozias Cornelie s’estime cependant à l’abri de ce genre de mésaventure : « J’ai souffert à l’école avec mon mari. Nous avons ensuite tous les deux obtenu notre diplôme. Maintenant qu’il travaille, je ne peux pas avoir une rivale…»

« Deux femmes : une charge inutile ! »

Jean-Pierre Mountali, monogame et chef de quartier Gambao à Djambala, explique que la polygamie est encore courante en raison de « la tradition. Mais, souvent, la cause réelle est l’infertilité féminine et l’insatisfaction du mari », avance-t-il. Convaincu, il poursuit : « Avoir deux femmes est une charge inutile ! »

Selon une enquête démographique et de santé (EDS 2011-2012), la proportion de femmes en union polygame est de 6 % pour les 20-24 ans et de 21 % pour les 45-49 ans. L’enquête révèle que la proportion d’hommes polygames augmente aussi avec l’âge, passant de 1 % pour les 20-24 ans à 11 % pour les 45-49 ans.

Si, les couples jeunes, perçoivent d’un mauvais œil la polygamie, les couples plus anciens semblent à l’opposé l’accepter plus facilement. « Notre mari est impartial. Le peu qu’il trouve, il le partage au milieu. Quand j’ai eu ma 1ère fille, ma rivale la gardait du matin au soir. L’avantage de la polygamie est que, par exemple, quand notre mari est hospitalisé, nous nous partageons les tâches. Une s’occupe du mari et l’autre va aux champs », explique Denise Ndzeli, la cinquantaine, qui partage le même mari, Prosper Andzouono, avec Antoinette Ngankoué, quinquagénaire et première femme de Prosper. Une polygamie qu’elles vivent toutes les deux sans accroches, bien que les débuts aient été difficiles. « Si, notre mari dort pendant une semaine chez moi, il fait autant chez ma rivale. Par ailleurs, il n’y a pas de différences entre les enfants. Je suis très contente maintenant que nous sommes deux. Plus même qu’avant, quand j’étais seule ! », assure Antoinette.

 Partage des tâches

Prosper Andzouono, par ailleurs chef du quartier Mfoa à Djambala, estime respecter ainsi le proverbe téké : « Avoir une seule femme, c’est être célibataire (si cette femme meurt, vous devenez célibataire, Ndlr)». Un proverbe qui a encore sa place dans la conscience ou l’inconscience des hommes de Djambala. Un argument aussi soutenu par M. Ombiloloki, polygame, vivant à Ewo dans la Cuvette-Ouest. Selon lui, sa 1ère femme ne le satisfaisait pas. Il a donc été obligé d’en prendre une 2e, pour son plus grand plaisir aujourd’hui. « Quand je suis malade, une s’occupe de moi et l’autre fait les tâches ménagères ou va aux champs », avance-t-il, assurant que lui ne fait pas de différences entre elles et s’occupe de chacune de la même manière.

Autre génération, autre mentalité… A l’image de Destie Mabangoula, une célibataire de 28 ans : «  Même la Bible dit ‘un homme pour une femme’, pas ‘un homme pour deux femmes’ ! Dans ma vie, je rêve d’avoir mon propre mari. Il s’occupera bien de moi et des enfants, car souvent, quand la 2ème femme arrive au foyer, la 1ère est négligée. Le mari ne s’occupe même plus de ses enfants… »

Rappelons que si les textes bibliques conseillent aux fidèles la monogamie, le Code de la famille congolais (article 136), lui, leur laisse le libre-choix : « La déclaration de l’option de polygamie est  souscrite par les futurs époux devant l’officier de l’Etat-Civil au moment  de la déclaration du mariage. »

Jean Thibaut Ngoyi

Juillet 2016

 Articles réalisés avec l’aide financière de l’Union européenne. Le contenu de ces articles relève de la seule responsabilité du CRP et de Syfia international et ne peut en aucun cas être considéré comme reflétant la position de l’Union européenne.

Lékoumou: La timide intégration des autochtones

(CRP/Syfia) Marginalisés, victimes de préjugés ancestraux… A Komono et Makoubi, dans le département de la Lékoumou, les autochtones peinent à faire valoir leurs droits. Grâce à l’école, les mentalités commencent à évoluer.

« Les bantous ne veulent pas qu’on se lave dans les mêmes eaux qu’eux. Ils disent que nous sommes sales. Et quand on se rencontre, ils s’éloignent… », résume Marie Mbayi, une autochtone de Komono, la cinquantaine révolue, divorcée et mère de quatre enfants.

A Komono et Makoubi, localités du département de la Lékoumou de 14 600 et 1 500 habitants environ, situées respectivement à 65 km et à 30 km de Sibiti, les autochtones représentent près de 30 % de la population totale. Au quotidien, ils endurent toutes sortes de discriminations. « Les bantous ne consomment pas nos maniocs. Ils achètent à la rigueur notre gnetum africanum (coco ou mfumbu, Ndlr) ou notre viande de chasse », observe encore Marie. Véronique Ngouala, sa sœur aînée, est très en colère : « Les bantous nous considèrent comme leurs esclaves. Pour eux, voir un autochtone dans une meilleure situation sociale est la pire des choses ! »

Des jalousies et préjugés tenaces, malgré certaines actions. « Nous avons pris le temps de vulgariser la loi de 2011 portant promotion et protection des droits des populations autochtones. Nous avons même organisé une journée de l’autochtone, sous la direction de madame l’administrateur maire », détaille Daniel Ngalouo, secrétaire général du district de Komono. Mais, rien ne semble changer, même à l’école…

Abus sexuels, calomnies, injures

« Entre injures, calomnies et préjugés, mon petit-fils a quitté l’école parce qu’il ne s’y sentait plus à sa place », regrette Véronique, grand-mère  d’un enfant d’une dizaine d’années. Elle se console auprès de son mari bantou : « Il m’encourage et me soutient. Il m’aide par exemple aux champs et, au moment des récoltes, il va vendre à ma place nos produits… Ce qui me comble, c’est que mes beaux-parents, eux, mangent désormais ma nourriture et m’acceptent comme je suis. »

Si Véronique a trouvé chaussure à son pied, Marie, sa petite sœur, a elle divorcé de son mari bantou alors qu’elle vivait à Pointe-Noire. « Mon foyer a commencé à battre de l’aile quand il a épousé une femme de sa communauté. Elle lui a dit qu’elle ne pouvait pas être la co-épouse d’une autochtone ! » Marie a donc décidé de revenir à Komono, croyant que la situation s’était améliorée. « Je me rends bien compte qu’elle n’a pas évolué d’un iota ! », déplore-t-elle aujourd’hui, songeuse.

A Makoubi, plusieurs autochtones sont de leur côté excédées face aux récurrents abus sexuels dont elles sont victimes. Lasse et en colère, l’une d’entre elles menace : « Si ces bantous continuent à abuser de nos filles, nous ferons des fétiches pour que, s’ils sortent encore avec elles, leurs sexes pourrissent ! »

 « Se battre pour aller à l’école »

Changer de mentalité ? Pour l’heure, Emile Bayeni, un malvoyant représentant des autochtones du quartier Fouya (Komono) n’y croit pas. « Les bantous nous considèrent toujours comme des sous-hommes. C‘est pour cela que j’exhorte mes enfants à se battre pour aller à l’école même s’ils sont victimes d’exactions », explique ce dernier, fier de son fils aîné, en première année à l’université Marien Ngouabi à Brazzaville. Fatigués d’endurer les préjugés, beaucoup songent à partir ailleurs. « A Sibiti, les autochtones sont mieux intégrés qu’à Komono. La plupart de nos enfants préfèrent donc partir là-bas », explique Véronique.

Un tableau peu reluisant que Daniel Ngalouo et l’administrateur maire de Komono tentent d’améliorer. « Quand les autochtones ont des litiges, si nous sommes informés, nous prenons nos responsabilités, de telle sorte que leurs droits soient respectés. Nous organisons notamment des médiations entre les deux parties », avance Daniel. Il ajoute, résolument optimiste : « Très sincèrement, il y a un changement de mentalités de la part des bantous. La preuve, lors des examens d’Etat, nous avons eu des élèves autochtones qui ont passé le BET (Brevet d’études techniques) et le BEPC. C’était rare, il y a encore quelques années… »

Annette Kouamba Matondo

Juillet 2016

Articles réalisés avec l’aide financière de l’Union européenne. Le contenu de ces articles relève de la seule responsabilité du CRP et de Syfia international et ne peut en aucun cas être considéré comme reflétant la position de l’Union européenne.

Lékoumou: Echange vin de palme contre épouse

(CRP/Syfia) A Komono, dans le département de la Lékoumou, rares sont désormais les hommes à honorer et doter sérieusement leurs femmes. Souvent, un bidon de 25 litres de vin de palme leur suffit pour officialiser leur union… Lire la suite « Lékoumou: Echange vin de palme contre épouse »

Lékoumou: Augustine Bati-Bimpolo ou l’école de l’indépendance

 

(CRP/Syfia) A Sibiti, dans le département de la Lékoumou, Augustine Bati Bimpolo, paraplégique, a construit son salon de coiffure et est autonome grâce à son métier. Elle forme des apprenantes et leur montre la voie de l’indépendance. Lire la suite « Lékoumou: Augustine Bati-Bimpolo ou l’école de l’indépendance »

Brazzaville: Leur amour est plus fort que le VIH/Sida

(CRP/Syfia) A Brazzaville, certains hommes séronégatifs épousent sans crainte des séropositives. Une preuve d’amour, même si, selon les couples, tout n’est pas forcément facile au quotidien…  Lire la suite « Brazzaville: Leur amour est plus fort que le VIH/Sida »

Pointe-Noire: Refuge provisoire pour femmes battues

(CRP/Syfia) A Pointe-Noire, des femmes battues osent enfin quitter leurs foyers. Démunies, elles sont recueillies et conseillées par des ONG. S’en suivent des médiations ou des poursuites devant les tribunaux.

Thérèse*, la quarantaine, est séparée de son mari violent depuis deux ans. Elle loge pour le moment au siège du Réseau des associations pour la solidarité positive du Congo (RASPC) au quartier Mbota (arrondissement 4 Loandjili) de Pointe-Noire. D’autres femmes violentées trouvent gratuitement refuge dans des associations spécialisées. Elles restent ici le temps de reprendre des forces, puis quittent volontairement les lieux.

Le RASPC arrive parfois à jouer la médiation en conseillant les époux.  La femme regagne alors le foyer. Mais, si elle estime qu’il faut intenter une action en Justice, le RASPC la soutient, même si les 20 employés qui y travaillent ne sont pas juristes de formation. Dix personnes ont ainsi été poursuivies en Justice depuis les débuts du réseau en 2007.  Certaines procédures sont encore en cours. Rappelons que, en vertu du Code pénal (article 311), les maris violents risquent un emprisonnement deux à cinq ans assorti d’une amende de 4 000 à 48 000 Fcfa (6 à 75 euros).

Grâce à « Femme ne pleure pas, agis ! », ONG membre du RASPC, Thérèse est de celles qui ont remporté une bataille juridique. Le tribunal de grande instance de Pointe-Noire a en effet contraint son ex-compagnon à récupérer leur aîné et à assurer tous les besoins de l’autre enfant qui vit avec elle. Ce qui ne signifie pas pour autant la fin de ses ennuis… « La femme peut regagner le toit parental, mais, la cohabitation avec les autres membres de la famille devient parfois conflictuelle, surtout avec les sœurs qui cherchent des occasions pour se moquer de toi. Ce qui du coup aggrave le choc moral. Il faut alors un endroit où l’on peut se reposer et se réconforter », souligne Thérèse.

 « Reconstruire ma vie »

Ce refuge, c’est donc le RASPC où Thérèse est logée avec deux autres femmes. Ce réseau avait déjà hébergé, en 2012, une vingtaine de victimes de violences conjugales dans différents foyers. Depuis sa création, le RASPC s’est constitué partie civile pour des victimes d’abus de toutes sortes. « Des femmes qui, exaspérées par des violences morales et physiques, se confient à nous pour que nous portions plainte contre leurs bourreaux et suivions leur cas en Justice », précise Beau Paul Makouangou, responsable du RASPC.

Il ajoute, à propos de l’hébergement proposé aux victimes : « Avant, pendant ou après la procédure, certaines se demandent ‘‘où vais-je aller ?’’ Nous leur proposons de passer quelques instants chez nous. C’est un moyen de les aider à atténuer le choc en attendant une solution durable. »

Une démarche qui s’avère parfois payante. « Ma fille a été formée en coiffure. Une femme vient de lui proposer de travailler dans son salon, ceci grâce à l’aide du RASPC. Je suis sûre que ce réseau trouvera aussi pour moi une solution. Et, sous peu, je pourrais vivre dignement chez moi et reconstruire ma vie », envisage Jeanne*, également « pensionnaire » du RASPC, après avoir été répudiée il y a un an par son conjoint, avec ses enfants d’un premier lit, « sans raison valable », selon elle. Jeanne espère une médiation entre elle et son ex-compagnon afin que l’harmonie revienne dans leur maison.

Pouvoirs publics absents

Pas évident de faire face à toutes ces attentes. Le RASPC connaît ainsi des difficultés matérielles. « Quand nous avons commencé, nous avions une petite ferme porcine. Nous vendions les bêtes pour subvenir aux besoins des femmes que nous hébergions. Mais, tous les porcs ont été emportés par la peste… Désormais, nous nous débrouillons avec les maigres cotisations de nos membres. Et, très souvent, je prends dans ma propre poche… Les femmes battues comprennent nos difficultés et finissent par partir », reconnait Beau Paul.

Quant aux pouvoirs publics, ils semblent étrangement absents… Beau Paul confirme : « Jusqu’ici, une seule fois, les Affaires Sociales (direction départementale de Pointe-Noire, Ndlr) nous ont remis 25 000 Fcfa (moins de 40 €) pour acheter la layette d’une femme. »

* Prénoms d’emprunt

                                                                                                            John Ndinga-Ngoma

                                                                                                                             Juin 2016

 

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Niari: ‘Mâ Nganga’, une handicapée battante et autonome

(CRP/Syfia) Handicapée, Florentine Nkoua Nganga refuse de tendre la main pour demander l’aumône. Vendeuse de divers produits au grand marché de Dolisie (Niari), elle se bat au quotidien pour faire vivre ses enfants, petits-enfants et sa famille élargie.

 « Quand j’ai commencé ce métier, au quartier, des amis, parfois même d’autres paralytiques, me disaient : ‘Tu n’as pas honte, les handicapés vendent aussi au marché ?’ Je leur répondais que c’était normal pour moi de vendre, car j’avais des charges familiales ! », se souvient Florentine Nkoua Nganga à propos de ses premiers pas dans le commerce des divers (gombo, tomate, igname, ciboule, maniocs) au marché de Dolisie, chef-lieu du département du Niari.

Les quatre enfants de cette mère célibataire dans la cinquantaine ont en effet entre 6 et 15 ans. Encore à l’école, ils ne peuvent pas contribuer financièrement et aider leur maman. Depuis le décès de sa fille, Florentine s’occupe par ailleurs de deux petits-fils. Handicapée physique depuis son jeune âge à la suite d’une maladie, elle se déplace en vélo tricycle. Mais, ne comptez pas sur elle pour s’apitoyer sur son sort. Elle a un moral de plomb, une vraie battante : « Demander l’aumône aux gens n’est pas rassurant pour sa survie ! Mieux vaut investir, malgré les faibles moyens, dans ce qui honore l’être humain. »

Dans les années 80, Florentine s’est donc lancée dans le commerce des divers avec 6 000 Fcfa (9 €) en poche comme seul fonds de commerce. Objectif : « avoir quelque chose pour acheter le pétrole ou encore du savon au lieu de compter sur les autres. » Convaincue que  « la vie est un combat », chaque matin, avant d’étaler ses marchandises, Florentine se rend à l’arrêt des cars du grand marché de  Dolisie pour attendre ses fournisseurs (vendeurs grossistes) qui proviennent des villages environnants. ‘Mâ Nganga’ (Maman Nganga) comme l’appellent affectueusement les autres vendeuses, sollicite ensuite les transporteurs (‘koro-koro’ ou chariot) moyennant 200 à 500 Fcfa (0,30 à 0,75 €) selon la quantité de la marchandise. Puis, elle dépose ses produits sur sa table, située presque à l’entrée de la façade nord-ouest du grand marché. Une table basse, confectionnée en planches, adaptée à son handicap.

 « Sa vie a changé ! »

Un goût de l’effort et de la dignité payant : « Les bons jours, je gagne 3 000 à 5 000 Fcfa  (4,60 à 7,60 €). Je donne ainsi à manger à mes enfants et à mes petits-fils. » Et même à d’autres personnes, ajoute Julienne Koubéla, une tante âgée de Florentine : « c’est elle qui nous nourrit ! Elle est devenue autonome et respectée dans la famille et dans le quartier. »

A tel point, que pour le Comité de réflexion des handicapés du Niari, Florentine est un exemple à suivre. « Nous apprécions son courage. Elle a intégré le marché pour vendre afin de se prendre en charge au lieu de demander aux autres dans la rue, souligne Evrard Ngoyo Mboumba, président dudit comité avant de poursuivre. Sa vie a changé ! Avant, elle m’embêtait pour l’aider à réparer les pneus de son vélo tricycle. Mais, cela fait un moment qu’elle ne me le demande plus…»

Ses clients aussi l’apprécient. « Mâ Nganga est toujours souriante, accueillante et ses prix sont abordables », affirme  Sabine  Foutou. Les administrateurs du grand marché de Dolisie expliquent que Florentine Nkoua Nganga est la première personne handicapée à vendre ici. Au moment de son installation, la direction départementale des Affaires sociales du Niari avait plaidé en sa faveur auprès de l’autorité municipale pour qu’elle ne paie pas la caution de 25 000 Fcfa (38 €). Cependant, depuis, Florentine paie la taxe de 100 Fcfa (0,15 €)/jour pour l’entretien soit 3 000 Fcfa (4,60 €)/mois.

Toujours aussi combattive, elle ne rêve aujourd’hui que d’une chose : continuer à vendre et, pourquoi pas, devenir une grande commerçante ! Elle a déjà prouvé que son handicap n’était pas un obstacle insurmontable.

                                                                                                                 Victor  Bivihou

                                                                                                                       Juin 2016

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Kouilou: Un « sage-homme » au service des femmes

(CRP/Syfia) A Doumanga, dans le département du Kouilou, le centre de santé manque de moyens matériels et humains. Résultat : l’unique infirmier aide les femmes du village à donner la vie. Une noble mission, qu’il réalise sérieusement, pour la grande satisfaction des habitants.

« Notre infirmier accueille bien les malades. Il donne des conseils aux femmes pour limiter les risques à l’accouchement. Une chose est vraie : ici, nous donnons naissance sans problèmes ! Quand une femme enceinte arrive dans le centre de santé pour se faire consulter, notre infirmier prend le temps de bien  examiner son cas », lâche, satisfaite, Marie Ngoyi.

La trentaine révolue, mariée et mère de trois enfants, Marie est l’une des femmes de Doumanga, petit village d’environ 1 000 habitants (district de Mvouti) situé  à 70 km  de Pointe-Noire, qui ont mis au monde assistées de Max Banzoulou, l’unique infirmier et chef de leur centre de santé intégré (CSI). Un personnage respecté dans ce village. A tel point que les femmes l’appellent affectueusement « sage-homme », lui qui joue le rôle de sage-femme ici.

Infirmier diplômé d’Etat (IDE) de l’Ecole publique paramédicale Jean Joseph Loukabou de Pointe-Noire, la quarantaine révolue, marié et père de trois enfants, Max Banzoulou est en poste à Doumanga depuis 2009. « Il met en pratique sa déontologie professionnelle. Il est gentil. Rien que par son accueil et son sourire, tu peux guérir ! Il n’y a pas deux comme lui ici ! », témoigne, enthousiaste, Ngouzi Diabizenga,  célibataire mère de deux enfants, qui a déjà bénéficié des services de Max.

« Sous la lumière des torches…»

Dans ce centre de santé en pleine forêt du Mayombe, Max a pris la résolution de se mettre en quatre pour combler le déficit en personnel soignant : « Nous qui travaillons en brousse, nous sommes obligés de tout faire, à cause du manque de sages-femmes. C’est vraiment difficile, mais j’y suis obligé, pour sauver des vies. » Avant, Max était au CSI de Etraba de Pointe-Noire et dans celui de Mboukou (district de Hinda, Kouilou). A l’époque, déjà, il intervenait en tant qu’accoucheur, mais, nécessité oblige, il le fait davantage à Doumanga.

Construit en 1972 par la population, et bien que disposant de quatre chambres dites « salles de consultation, d’accouchement, d’observation et de soins« , le CSI de Doumanga manque de tout ou presque (gants, aspirine, quinine, balance pour peser les enfants). « Il n’y a pas d’électricité… Notre « sage-homme » est donc parfois obligé de sortir de sa poche de quoi payer du carburant pour alimenter le groupe électrogène… Il arrive même que les femmes donnent naissance sous la lumière des torches ! », témoigne encore Ngouzi Diabizenga. Dans ces conditions, sage par définition, Max préfère ne prendre aucun risque et transférer les cas les plus délicats sur Pointe-Noire, la ville la plus proche.

Mais, parfois, l’urgence s’invite malgré tout à Doumanga. Situé sur la nationale N°1, ce CSI et son infirmier chef reçoivent quelque fois des accidentés de la route nationale. Max administre alors les premiers soins avant l’évacuation à Pointe-Noire. « La fois dernière, j’ai reçu une femme enceinte qui a eu, en cours de route, des douleurs. J’ai été obligé d’intervenir. L’accouchement s’est bien passé et la dame a poursuivi son voyage. Mais, cette aventure montre la nécessité d’équiper notre centre », explique Max Banzoulou. Ce dernier fait accoucher en moyenne chaque mois quatre femmes.

A quand les renforts ?

Pour l’épauler, depuis quelques mois, le ministère de la Santé, par le biais de la direction départementale de la santé au Kouilou, a affecté à Doumanga deux filles stagiaires en fin de formation à l’Ecole paramédicale Jean Joseph Loukabou. Ces dernières sont encadrées par Max. « Nous savons désormais consulter, monter une perfusion, faire des points de suture et même aider les femmes à accoucher. Nous ne savions pas le faire à notre arrivée ici en octobre dernier », se félicite Sandra Mouaya, l’une des  stagiaires. Toutes deux ont prolongé leur stage prévu initialement pour six mois. Pour le moment, on ne sait pas si les autorités vont affecter ou pas au CSI de Doumanga d’autres stagiaires.

De son coté, Eric Makaya, habitant du village, estime que « l’Etat doit normalement envoyer des sages-femmes et infirmières qualifiées pour aider les femmes à accoucher au lieu que ce soit un homme qui le fasse. Cela est  possible, mais une femme pour ces services, c’est mieux ! » En attendant que l’Etat écoute ce vœu dicté par la pudeur, Max continuera d’aider les habitantes à donner la vie.

Haircy Mbimi

                                                                                                                   Juin 2016

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Congo Brazzaville: Berléa Bilem défend la Nature en musique

(CRP/Syfia) Au Congo Brazzaville, Berléa Bilem plaide par la chanson pour la préservation de l’environnement et de la biodiversité. Les mélomanes apprécient. Lire la suite « Congo Brazzaville: Berléa Bilem défend la Nature en musique »

Brazzaville: Zoom sur un centre d’éducation en santé communautaire

(CRP/Syfia) A Mfilou, dans le 7e arrondissement de Brazzaville, une association informe, éduque et offre à bas prix des premiers soins aux populations riveraines. Des services appréciés par la population. Lire la suite « Brazzaville: Zoom sur un centre d’éducation en santé communautaire »

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